Sniffnet : monitoring réseau graphique en Rust, l'alternative accessible à Wireshark

Wireshark dissèque chaque paquet en détail, mais pour la question “quelle appli consomme ma bande passante et vers quel pays partent mes connexions”, c’est une usine à gaz. Sniffnet répond à ce besoin avec une interface graphique claire : trafic en temps réel, géolocalisation des hôtes distants, statistiques agrégées — sans avoir à apprendre le langage des filtres BPF.

Ce que fait Sniffnet

Sniffnet est une application de monitoring réseau écrite en Rust, avec une interface graphique construite sur iced. Elle capture le trafic sur un adaptateur réseau choisi et affiche :

  • des graphiques temps réel de l’intensité du trafic (entrant/sortant)
  • des statistiques par hôte distant et par application générant du trafic
  • la géolocalisation des hôtes distants (données MaxMind)
  • le nom de domaine et l’ASN des hôtes contactés
  • l’identification de plus de 6 000 services et protocoles de haut niveau (y compris trojans et vers connus)
  • des notifications personnalisées sur des événements réseau définis
  • l’import de listes noires d’IP pour repérer les connexions suspectes
  • l’import/export de captures au format PCAP
  • des thèmes personnalisables et l’interface est traduite dans plus de 25 langues

Le projet est double licence Apache-2.0 / MIT, comptait 40 928 étoiles sur GitHub au moment de la rédaction, et la dernière version stable est la v1.5.1 (22 juillet 2026).

Installation

Windows

Installateur MSI (x64, ARM64, x86) sur la page des releases GitHub ou via sniffnet.app/download. Alternative via Scoop :

scoop bucket add extras
scoop install extras/sniffnet

Dépendance obligatoire : Npcap, à installer en cochant l’option “Install Npcap in WinPcap API-compatible Mode”.

macOS

Paquet DMG (Intel ou Apple Silicon) sur les releases GitHub, ou via Homebrew :

brew install sniffnet

macOS dispose nativement de toutes les dépendances nécessaires. L’application doit être lancée avec les droits administrateur pour analyser l’activité de l’interface réseau.

Linux

Paquets .deb, .rpm ou AppImage sur les releases GitHub. Via cargo (si Rust est installé) :

cargo install sniffnet --locked

Sur Arch Linux, un paquet communautaire est disponible via pacman :

sudo pacman -S sniffnet

Dépendances système pour compiler depuis les sources (Debian/Ubuntu) :

sudo apt install libpcap-dev libasound2-dev libfontconfig1-dev libgtk-3-dev

Sur distributions RPM : libpcap-devel, alsa-lib-devel, fontconfig-devel, gtk3-devel. Les suffixes -dev/-devel ne sont nécessaires que pour compiler ; exécuter le binaire pré-compilé ne les requiert pas.

Sniffnet a aussi besoin des permissions réseau pour inspecter un adaptateur. Si l’app n’est pas lancée en root :

sudo setcap cap_net_raw,cap_net_admin=eip /chemin/vers/sniffnet

Ou, notamment pour l’AppImage, lancer directement avec :

sudo -E sniffnet

+ Les points forts

  • Vraiment cross-platform — Linux, macOS et Windows avec la même interface, contrairement à GlassWire qui reste Windows uniquement
  • Open source et auditable — code Rust sous Apache-2.0/MIT, pas de boîte noire
  • Géolocalisation et ASN intégrés — savoir immédiatement dans quel pays/organisation part une connexion, sans plugin externe
  • Interface accessible — vue d’ensemble en temps réel sans avoir à apprendre une syntaxe de filtres
  • Gratuit sans palier payant — pas de version “Pro” à débloquer

- Les points faibles

  • Pas de dissection de protocole en profondeur — Sniffnet identifie le service (HTTP, DNS, service connu sur tel port…) mais ne descend pas au niveau octet comme Wireshark ; pour du débogage protocolaire fin, ce n’est pas l’outil
  • Aucun blocage de connexion intégré — c’est un outil d’observation, pas un pare-feu applicatif (contrairement à GlassWire Pro ou Portmaster)
  • Installation Linux plus exigeante — dépendances système et setcap/sudo à gérer, moins direct qu’un double-clic sur un .msi
  • Écosystème plus restreint que Wireshark — pas d’équivalent aux centaines de dissecteurs tiers accumulés depuis plus de 20 ans

Sniffnet vs Wireshark vs GlassWire

SniffnetWiresharkGlassWire
PlateformesLinux / macOS / WindowsLinux / macOS / WindowsWindows uniquement
Usage principalVue d’ensemble temps réelAnalyse paquet par paquetVisualisation + alertes
Dissection protocole détailléeNon (identification de service)Oui, plus de 1000 protocolesNon
Géolocalisation IP intégréeOuiNon (nécessite un plugin)Non
Pare-feu applicatifNonNonVersion Pro uniquement
Open sourceOui (Apache-2.0/MIT)Oui (GPL-2.0)Non
Courbe d’apprentissageFaibleÉlevéeFaible
PrixGratuitGratuitFreemium

En pratique : Wireshark reste indispensable pour du débogage protocolaire (analyser une poignée de main TLS, un échange DNS malformé). Sniffnet couvre le besoin plus courant de “voir ce qui se passe sur mon réseau maintenant” sans configuration ni apprentissage.

En résumé

Sniffnet comble un vide entre la simplicité limitée des moniteurs réseau natifs et la complexité de Wireshark. Pour un sysadmin ou un homelabber qui veut une vue temps réel du trafic, avec géolocalisation et identification des services, sur n’importe quel OS, c’est un outil solide et activement maintenu — sans jamais remplacer Wireshark pour l’analyse fine de paquets.


Voir aussi :

  • GlassWire — équivalent visuel pour Windows, avec alertes et pare-feu en option payante
  • Portmaster — si le besoin est de bloquer des connexions plutôt que de les observer